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SOMMET ANTITERRORISTE : LES PAYS DE L’OEA SIGNENT UN DOCUMENT

Élaboration  d’une nouvelle doctrine de la sécurité régionale

Le but est de combattre le terrorisme internationale. Pour poursuivre ce thème, l’OEA va créer en 1999 un nouvel organisme.

Adaptation et traduction d’un article de: Gerardo Young, membre de la rédaction du journal argentin El Clarin .

Depuis le 24 novembre les gouvernements du continent américain visent  un nouvel ennemi commun : le terrorisme international. Ils signeront un traité qui jettera  les bases  d’une nouvelle Doctrine de sécurité régionale visant à conjurer le spectre de la guerre conventionnelle.

La Deuxième conférence interaméricaine sur le terrorisme, qui traitera de ces questions, a débuté le 23 novembre a Mar del Plata, dans un hôtel rempli de ministres, d’espions, de policiers en civile et de militaires en tenue de gala. Ces personnes,  responsables de la sécurité de 34 pays membres de l’OEA, comptent approuver la création d’un comité qui, ce n’est pas un hasard, aura son siège social à Washington, et définira la politique de sécurité du continent.

Carlos Corach, ministre argentin de l’Intérieur , est l’un des principaux promoteurs de cet accord par lequel le gouvernement argentin cherche à faire d’une pierre deux coups :  D’une part, engager toute l’Amérique latine a combattre le terrorisme international, puisque l’argentin a connu deux attentats et, d’autre part  être à la tête d’une réforme encouragée par le Département d’État US. Ce n’est pas pour rien que, durant son discours, Corach a cité deux fois le président des États-Unis, William  Clinton. 

« Nous avons appris que personne n’est en sécurité, et que cet ennemi peut semer la mort et la destruction n’importe où et n’importe quand », a affirmé le ministre argentin à tous ses collègues du continent, qui écoutaient à la fois préoccupé et furieux,  son avertissement voilé.

Le Comité interaméricain contre le terrorisme international commencera à fonctionner en juin 1999, après avoir été accepté par l’Assemblée générale de l’OEA, au Guatemala. Selon le document qui sera approuvé aujourd’hui, le Comité devra s’assurer que ses signataires accompliront les défis suivants : unifier les critères d’extradition de personnes soupçonnées ; créer une banque de données continentale sur le terrorisme ; avoir la volonté d’expulser du continent les personnes  soupçonnées ; élaborer un régime intégré de visas ; promulguer des lois qui empêcheront le blanchiment d’argent ; et couper radicalement l’acheminement des dons aux organisations terroristes.  

Certaines questions préoccupent  déjà les futurs signataires de l’accord. La principale est : Que faut-il entendre par terrorisme ?, bien que Corach ait, à maintes reprises, clarifié qu’il se referait aux agressions externes. 

Soit par imprudence, soit par ruse, le secrétaire général de l’OEA, et ex-président colombien César Gaviria, laisse entrevoir que le consensus est, clairement pour le moment, uniquement sur papier. Dans son discours inaugural du sommet, Gaviria a choisi comme exemple de terrorisme la prise de l’Ambassade du Japon, à Lima, au Pérou, en décembre 96.  Cet acte fut exécuté par le groupe de guérilla Tupac Amaru,  qui ne cadre pas avec les critères et les consignes propres aux discours officiels définissant le terrorisme.

Ce sujet avait déjà causé de sérieuses préoccupations aux gouvernements mexicain et colombien, qui n’osaient pas signer l’accord, suite aux échecs que leur ont infligé les guérillas dans chaque pays.  Ce qui les a convaincu, est le concept de «terrorisme international» formulé dans le document, bien que d’autres pays comme le Pérou, voulaient une définition plus ambiguë. 

À Mar del Plata,  le rôle du gouvernement US - cible privilégiée du terrorisme international -  se sentait aussi fortement que l’humidité. César Gaviria a révélé aussi, que le Département d’État US avait adressé quelques «dernières recommandations».  Il se referait au projet de lois, ajouté à la dernière minute, pour empêcher le blanchiment d’argent, mais aussi à la proposition que le centre de données antiterroristes utilise un logiciel crée par les services  d’espionnage US. 

Comment définira-t-on ce qu’est un groupe terroriste, et qui sont les personnes soupçonné ? Ces questions son restés sans réponses.  «Il ne s’agit pas d’une science exacte. Nous allons devoir développer nos concepts», a affirmé Corach.

À Mar del Plata, la délégation argentine,  logé en grande partie  à l’Hôtel Costa Galana, était de bonne humeur et se prenait pour la vedette. Le secrétaire de la Sécurité de l’Intérieur, Miguel Angel Toma et le chef de la SIDE, Hugo Anzorreguy, le chef de la police fédérale, Pablo Baltazar G. et le directeur de l’immigration, Hugo Franco bavardaient avec tous ceux qu’ils croisaient,  se sentant  acteurs  d’un changement.  «La Doctrine de sécurité nationale, qui nous a tant fait mal, est terminé.» dit une voix exultante, en évoquant ainsi les dictatures de l’Amérique.

Le président argentin Carlos Menem,  venu à Mar del Plata pour applaudir cet accord, déjà réglé depuis des mois, a joint son optimisme a celle de sa délégation. Il parlera, bien sûr, du nouvelle avenir qui s’annonce  pour le monde,  ses conflits et  ses menaces. Pronostics d’un future, qui ne découlent d’aucune science exacte et qui pour cela, exigent des bases solides.
        
Traduit par Yvonne-América Truque
Coalition pour les droits humains en Colombie - Groupe de Montréal -
 
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