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Action suggérée
À l'instar de la Comisión Intercongregacional Justicia y Paz, nous vous demandons d'envoyer la lettre type ci-jointe aux représentants de la Colombie au Canada. Il y a trois semaines, la Comisión Intercongregacional de Justicia y Paz (Commission intercommunautaire de justice et paix - CIJP) alertait l'opinion internationale de la campagne de harcèlement et d'intimidation conduite par des éléments liés aux paramilitaires et dirigée contre elle et la Asociación de Familiares de Víctimas de Trujillo (AFAVIT). Trois semaines plus tard, la campagne en question ne cesse de s'aggraver et de s'amplifier et les autorités colombiennes s'illustrent de façon on ne peut plus éloquente en ne posant aucun geste destiné à y mettre fin. Les deux organismes de défense des droits craignent vivement pour la sécurité de leurs militants qui travaillent à Trujillo dans le but d'aider les résidents à reconstituer le tissu social déchiré par les crimes de lèse-humanité perpétrés contre la population paysanne entre 1988 et 1994. Pendant cette période, les forces de l'ordre et leurs alliés paramilitaires se sont rendus responsables de l'exécution extrajudiciaire de plus d'une centaine de petits paysans de Trujillo et environs. Le travail de la CIJP et de l'AFAVIT a permis aux familles des victimes de présenter une plainte contre l'État colombien devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH). Cette instance a jugé le gouvernement colombien en partie responsable des crimes et l'a sommé d'indemniser les familles des victimes de Trujillo et à sanctionner les auteurs des crimes. Pour autant, les responsables de ces sévices n'ont jamais été traduits en justice et les familles des victimes n'ont pas été intégralement indemnisées. La CIJP et l'AFAVIT estiment que les manoeuvres d'intimidation déployées contre elles sont des représailles pour son rôle joué devant la CIDH et déplorent le climat de terreur sous lequel vivent leurs membres, conscients du fait qu'en Colombie, les menaces proférées contre les défenseurs des droits se transforment souvent en gestes. Voyons de près ce qui c'est produit au cours des deux dernières semaines. Lorsque tombe la nuit à Trujillo, les rues se vident et la municipalité este subitement déserte car les habitants, par peur que ne se répète les tristes événements survenus entre 1988 et 1994, préfèrent ne pas sortir à la noirceur. M. Francisco Javier Trujillo a perdu un membre de la famille aux mains des paramilitaire lors de la période infâme et il collabore présentement avec la CIJP et l'AFAVIT. Son domicile est situé à quatre rues du quartier général de la police et du Département administratif de sécurité. Malgré la proximité du domicile aux installations des forces de sécurité, une lettre de menace de mort est glissée sous la porte de Francisco Trujillo à deux reprises et à deux dates différentes (27 et 29 janvier), en plein milieu de la nuit, alors qu'il n'y a personne dans les rues, hormis les forces de sécurité. Entre le 27 janvier et le 4 février, Francisco Trujillo reçoit une série de menaces de mort par téléphone qui visent également les militants de la CIJP et de l'AFAVIT. Action suggérée À l'instar de la Comisión Intercongregacional Justicia y Paz, nous vous demandons d'envoyer la lettre type ci-jointe aux représentants de la Colombie au Canada. Adresses M. Fabio Avella, Consul général de Colombie
Son Excellence José María De Guzman, Ambassadeur
copie conforme à:
Montréal, février 1999 Monsieur Fabio Avella, Consul
général de Colombie
Monsieur le Consul, À la lueur des dénonciations formulées par la Comisión Intercongregacional Justicia y Paz, basée à Santafe de Bogota (Colombie) et récipiendaire du prix John Humphrey en 1997, la présente a pour but de vous demandez de nous informer sur les mesures prise par votre gouvernement pour freiner l'essor des structures paramilitaires dans la région de Trujillo. En effet, selon les informations qui nous sont parvenues de Colombie, ces structures sont en train de se réarticuler et de compromettre le travail de reconstitution du tissu social de la communauté de Trujillo, détruit à la suite des crimes de lèse-humanité perpétrées contre la population par les forces de sécurité et leurs alliés paramilitaires entre 1989 et 1994. Des éléments liés aux paramilitaires de la région de Trujillo mènent une campagne d'intimidation à l'endroit de la Comisión Intercongregacional de Justicia y Paz et de la Asociación de Familiares de Víctimas de Trujillo. Comme vous le savez, en Colombie, la ligne est très mince entre la menace de mort et l'attentat contre les défenseurs des droits. Nous déplorons les mécanismes qui permettent la mise en marche les structures de terreur par les paramilitaires et leurs alliés militaires, librement et à la vue des forces de l'ordre tous. Trois semaines se sont écoulées depuis que la Comisión Intercongregacional de Justicia y Paz a alerté l'opinion public internationale et le gouvernement colombien au sujet des tristes événements qui se vivent aujourd'hui à Trujillo. L'inaction et le silence ont été les seules réponses de ce gouvernement, alors qu'il devrait s'engager à protéger la vie des personnes menacées de mort et à démanteler les structures paramilitaires. Monsieur le Consul, nous vous demandons d'intervenir vigoureusement auprès de l'État que vous représentez afin d'exiger de lui la protection de la vie des membres de la Comisión Intercongregacional de Justicia y Paz et de la Asociación de Familiares de Víctimas de Trujillo en particulier et de tous les défenseurs colombiens des droits en général. Nous attendons également de votre part une réponse au sujet des efforts concrets déployés par le gouvernement colombien en vue de démanteler les structures paramilitaires au pays. Veuillez agréer, monsieur le Consul, l'expression de nos salutations distinguées. c.c.:
Comité chrétien
pour les droits humains en Amérique latine
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