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Tribunal contre les crimes de
l’imperialisme en Colombie
Des
témoignages entendus par la commission, il ressort que
- La
Colombie est un pays riche, notamment en matières premières, dont le
pétrole et divers minéraux. Elle exporte du café, du riz et des bananes,
Pourtant presque la moitié de la
population vit dans une pauvreté absolue, conséquence de la
concentration des richesses dans les mains de quelques groupes nationaux
et internationaux. 3% de la population rurale possède 70% de la terre
cultivable, alors que 57% des paysans pauvres n’en possèdent que 3%. On
observe le même type de concentration dans les secteurs industriel et
financier: 0,07% des actionnaires détiennent 83% du capital alors que
99% ne détiennent que 3%.
- Formellement
la Colombie est une démocratie: il y a un parlement, des partis
politiques légaux, des élections libres et la séparation des pouvoirs.
Mais derrière cette démocratie formelle se cache un régime de terreur.
Le pays bat tous les records en nombre de meurtres et de disparitions.
Chaque année plus de 30.000 personnes sont assassinées, tous les deux
jours un responsable syndical est tué et toutes les deux heures a lieu
un meurtre politique.. Le régime mène une sale guerre contre toute
opposition: contre des organisations populaires, des syndicats, des
commissions des droits de l’homme et même contre des députés. Cette
guerre prend aussi la forme d’une épuration sociale et vise les
prostituées, les voleurs, les homosexuels, les enfants de la rue et les
mendiants.
La répression est l’œuvre de l’armée et des groupes paramilitaires. Ces
groupes paramilitaires sont financés par des grands propriétaires
fonciers et par des groupes financiers et industriels, soutenus par les
responsables politiques et couverts par l’appareil judiciaire. La
plupart des crimes sont jugés par des tribunaux militaires qui se montrent
particulièrement cléments. Plus de 97% des crimes restent impunis.
La production des drogues est la conséquence des problèmes sociaux,
politiques et économiques qui ne peuvent pas être résolus de manière
militaire. Sont impliqués dans la production et le trafic des drogues
aussi bien l’armée, que des groupes paramilitaires, l’élite économique
et la classe politique. De nombreuses multinationales sont présentes
dans la production et la transformation de la coca par la fourniture
d’intrants chimiques. 95% des profits restent dans les banques des
Etats-Unis et les Américains se montrent peu efficaces pour limiter
l’usage des drogues dans leur propre pays. La soi-disant " guerre
contre la drogue " est un prétexte pour saboter les négociations de
paix et pour susciter une intervention militaire. Les armes
sophistiquées employées dans cette guerre ne sont pas utilisées pour
éradiquer la production de la drogue mais pour combattre la guérilla.
L’inégalité sociale croissante, le manque de justice, les grandes
limitations à la démocratie, le manque de souveraineté, la
monopolisation et la privatisation du pouvoir d’Etat déterminent la
situation politique et sociale de la Colombie. La guérilla défend son
existence comme une réponse à cette situation. Elle déclare que son
action armée n’est pas un but en soi, mais un moyen pour obtenir une
vraie paix avec justice sociale. Dans ce but elle a pris l’initiative
des dialogues et des négociations de paix. Le gouvernement colombien
organise l’échec du dialogue, notamment en manipulant le désir de paix
de la population, pour discréditer la guérilla.
Les militaires des Etats-Unis participent non seulement à l’entraînement
de l’armée et à l’espionnage, mais aussi aux actions tactiques et
stratégiques contre l’ELN et les FARC. Plusieurs centaines de
spécialistes américains de la contre-insurrection y sont impliqués.
L’augmentation énorme de l’aide militaire et l’implication directe
croissante des Etats-Unis annoncent l’intervention massive future.
Au vu de ces faits et constatations, la commission
- S’oppose
à toute invasion du territoire colombien par des forces étrangères
quelles qu’elles soient, qui ne fera qu’accroître les souffrances de la
population.
- apporte
son soutien aux négociations de paix pour la justice sociale et
l’indépendance nationale. Toute intervention ne peut qu’éloigner la paix
et risque d’embraser toute la région.
- exige
des réformes sociales, politiques, économiques, juridiques et militaires
fondamentales, sans lesquelles il n’y a pas de sortie de la crise
actuelle.
- Nous
exigeons la fin de la répression et la reconnaissance des organisations
civiles.
- Sans
une réforme agraire les problèmes de la drogue ne peuvent pas être
résolus.
- Il
faut une réforme économique, une redistribution de la richesse et la justice
sociale.
- Nous
exigeons la suppression des groupes paramilitaires.
- Il
faut mettre en pratique la réforme du code militaire pénal déjà votée
par le Congrès colombien et juger les crimes de guerre.
- demande
au gouvernement belge de prendre position contre toute intervention
militaire étrangère sur le sol de la Colombie et de soutenir les accords
signés entre le gouvernement colombien et la guérilla en 1999.
- demande
aux organisations syndicales nationales et internationales de prendre
des initiatives pour protéger les syndicalistes colombiens.
Commission des sages:
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Martine Dardenne
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Sénateur Ecolo (Belgique).
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Jean-Marie Dermagne
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Avocat et maître des conférences à l’Université Catolique de Louvain
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Guido De Schrijver
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Coordinateur du Réseau européen des comités Oscar Romero
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Pol De Vos
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Président de la Ligue Anti-Impérialiste
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Jean-Philippe Peemans
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Professeur, à l’Université Catolique de Louvain
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Jean Pestieau
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Professeur à l’Université Catolique
de Louvain
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Marc Vandepitte
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Philosophe et écriviain
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