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Des porte-parole des habitants de Putumayo ont manifesté leur décision de se déplacer vers la capitale de la République, en raison de la gravité de la situation et du manque d'intérêt manifesté par les autorités départamentales et nationales suite à leurs plaintes réitérées. Ils ont également souligné qu'ils ne retourneraient pas à leur lieu d'origine tant et aussi longtemps que le gouvernement ne les écoutera pas et ne s'engagera pas à prendre des mesures réelles conduisant à l'erradication du paramilitarisme dans la région. Dans un document envoyé au président Ernesto Samper, ils signalent que la présence des paramilitaires dans le Putumayo est connu publiquement, malgré le fait que les commandements et les autorités militaires et policiers insistent à le nier, tout en les laissant poursuivre leurs activités.
Les occupants soulignent aussi le fait que depuis les accusations du maire de Puerto Asis, Nestor Hernández, en février 98, sur la présence des paramilitaires à Putumayo, des assassinats sélectifs ont lieu sans que, jusqu'à présent, le gouvernement ne prenne de mesures pour y mettre fin. On craint actuellement que des massacres n'aient lieu comme dans d'autres régions du pays.
ARRIVÉS DANS UN AVION DES FORCES AÉRIENNES
Les paysans du Sud ont écrit dans leur message au président Samper que ce problème a lieu depuis la fin de 1987, lorsque les "masetos", groupe paramilitaire de la région, sont arrivés pour massacrer la population civile avec la complicité des capitaines Cepeda et Galvis, commandants de la police de Puerto Asis. Ils se souviennent de la terreur qui s'est installée à Putumayo au début de la présente décennie, quand Elias Carvajal, alias "Numéro six", et ses hommes ont assassiné des centaines d'habitants de la région au cours de leurs activités durant des nuits.
Le cas d'un autre paramilitaire est mentionné : "Pablito", qui avait fait des siennes à Puerto Asis, a provoqué une réaction du peuple et le désir de faire justice lui-même, au point où la police de l'endroit a dû l'en retirer en escortant. Dans leur compte-rendu, ils citent d'autres cas, par exemple ceux qui ont été enregistrés au début de l'année:
«Le 6 janvier, un groupe de paramilitaires est arrivé en avion à Puerto Leguízamo, a pris un hélicoptère de l'armée, puis a été conduit en canots escortés par des vedettes «pirañas» des Forces navales du Sud jusqu'à Maratua, Sabanoyargo et Esperanza, sur la rivière Putumayo. Ce groupe, dirigé par alias "Gustavo Gómez", a assassiné des paysans et des indigènes, a obligé des habitants de la région à s'enfuir et a annoncé des massacres à Puñuña Negro, à Puerto Vega, à Puerto Ospina et à Puerto Asis, entre autres localités.»
- Un autre groupe est entré par voie terrestre par Mocoa, s'installant à l'Hôtel Capri de Puerto Asis, à quelques mètres seulement du quartier général de la police, où il avait organisé le centre d'opération destiné à planifier les assassinats sous l'étroite protection de l'Armée et de la Police.
- Le 3 mai, dans le cadre des célébrations de Puerto Asis, le lien entre les organismes de sécurité de l'État et les paramilitaires a été révélé en public lorsque les militaires et les paramilitaires discutaient fraternellement entre eux.
SAMPER ÉTAIT AU COURANT
De plus, les dirigeants de la mobilisation des paysans ont fait un compte-rendu
du nombre de fois où ils avaient dénoncé ces faits,
en citant quelques-unes d'entre elles:
C'est pour cela que, même si certains affirment que la mobilisation des paysans et leur occupation de la «Defensoría del Pueblo» de Bogotá pourrait causer un problème sanitaire, ils ne veulent pas quitter l'endroit jusqu'à atteindre leur objetif, l'erradication du paramilitarisme et la paix pour le Putumayo.