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        Texte de l'Agence de nouvelles «Nueva Colombia», retransmis en espagnol et traduit en français par la Coalition pour les droits humains en Colombie, Montréal, Canada - Téléphone : (514) 737-4682 /
        Télécopieur: (514) 737-7817


        ANNCOL - AGENCIA DE NOTICIAS NUEVA COLOMBIA
        Agence de nouvelles Nueva Colombia (Suède)
        Nyhetsbyrån Nya Colombia
        E-mail: ann.col@swipnet.se
        Telefax: (46)(8)-580-151-49
        Directrice de la rédaction : Sally Morales
        http://home3.swipnet.se/~w-34817/


        TRADUCTION : <peublo@sympatico.caMontréal, Canada


         

        HARCELÉS PAR LE MILITARISME,
        400 PAYSANS DE PUTUMAYO
        OCCUPENT LA «DEFENSORÍA DEL PUEBLO» DE BOGOTÁ!

        Environ 400 paysans du département de Putumayo occupent, depuis jeudi 28 mai, les locaux de la «Defensoría del Pueblo» de Bogotá, pour exiger du gouvernement des solutions concrètes aux graves perturbations de l'ordre public causées par la présence et les activités de groupes paramilitaires dans cette région du Sud du pays.

        Des porte-parole des habitants de Putumayo ont manifesté leur décision de se déplacer vers la capitale de la République, en raison de la gravité de la situation et du manque d'intérêt manifesté par les autorités départamentales et nationales suite à leurs plaintes réitérées. Ils ont également souligné qu'ils ne retourneraient pas à leur lieu d'origine tant et aussi longtemps que le gouvernement ne les écoutera pas et ne s'engagera pas à prendre des mesures réelles conduisant à l'erradication du paramilitarisme dans la région. Dans un document envoyé au président Ernesto Samper, ils signalent que la présence des paramilitaires dans le Putumayo est connu publiquement, malgré le fait que les commandements et les autorités militaires et policiers insistent à le nier, tout en les laissant poursuivre leurs activités.

        Les occupants soulignent aussi le fait que depuis les accusations du maire de Puerto Asis, Nestor Hernández, en février 98, sur la présence des paramilitaires à Putumayo, des assassinats sélectifs ont lieu sans que, jusqu'à présent, le gouvernement ne prenne de mesures pour y mettre fin. On craint actuellement que des massacres n'aient lieu comme dans d'autres régions du pays.

        ARRIVÉS DANS UN AVION DES FORCES AÉRIENNES

        Les paysans du Sud ont écrit dans leur message au président Samper que ce problème a lieu depuis la fin de 1987, lorsque les "masetos", groupe paramilitaire de la région, sont arrivés pour massacrer la population civile avec la complicité des capitaines Cepeda et Galvis, commandants de la police de Puerto Asis. Ils se souviennent de la terreur qui s'est installée à Putumayo au début de la présente décennie, quand Elias Carvajal, alias "Numéro six", et ses hommes ont assassiné des centaines d'habitants de la région au cours de leurs activités durant des nuits.

        Le cas d'un autre paramilitaire est mentionné : "Pablito", qui avait fait des siennes à Puerto Asis, a provoqué une réaction du peuple et le désir de faire justice lui-même, au point où la police de l'endroit a dû l'en retirer en escortant. Dans leur compte-rendu, ils citent d'autres cas, par exemple ceux qui ont été enregistrés au début de l'année:

        «Le 6 janvier, un groupe de paramilitaires est arrivé en avion à Puerto Leguízamo, a pris un hélicoptère de l'armée, puis a été conduit en canots escortés par des vedettes «pirañas» des Forces navales du Sud jusqu'à Maratua, Sabanoyargo et Esperanza, sur la rivière Putumayo. Ce groupe, dirigé par alias "Gustavo Gómez", a assassiné des paysans et des indigènes, a obligé des habitants de la région à s'enfuir et a annoncé des massacres à Puñuña Negro, à Puerto Vega, à Puerto Ospina et à Puerto Asis, entre autres localités.»

        - Un autre groupe est entré par voie terrestre par Mocoa, s'installant à l'Hôtel Capri de Puerto Asis, à quelques mètres seulement du quartier général de la police, où il avait organisé le centre d'opération destiné à planifier les assassinats sous l'étroite protection de l'Armée et de la Police.

        - Le 3 mai, dans le cadre des célébrations de Puerto Asis, le lien entre les organismes de sécurité de l'État et les paramilitaires a été révélé en public lorsque les militaires et les paramilitaires discutaient fraternellement entre eux.

        SAMPER ÉTAIT AU COURANT

        De plus, les dirigeants de la mobilisation des paysans ont fait un compte-rendu du nombre de fois où ils avaient dénoncé ces faits, en citant quelques-unes d'entre elles:
         

        • Le 15 février 1997, à une réunion avec le président Samper, ils avaient dénoncé le plan paramilitaire pour Putumayo, et le gouvernement s'était engagé à prendre des mesures à ce sujet, mais jusqu'à présent, rien n'a été fait.
        • En mai 1997, lors de la tenue d'un forum à Puerto Asis, ils avaient, une fois de plus, dénoncé ce plan. Le gouvernement avait promis de s'occuper de ces faits, mais n'a rien entrepris jusqu'à maintenant.
        • Le 29 avril 1997, un conseil de sécurité s'est réuni à Puerto Asis afin d'étudier la situation créée par les menaces de mort proférées contre les maires d'Orito et de Puerto Asis. Face à la dénonciation faite par l'ex-maire de Puerto Asis, feu-Enciso Galvis, la police et l'armée se sont engagées à faire enquête et à arrêter les membres de ces organisations criminelles, mais il n'y a eu aucune nouvelle jusqu'à ce jour.
        • Le 4 décembre 1997, à une réunion avec la Commission interaméricaine des droits de la personne, tenue à Puerto Asis, le plan des groupes paramilitaires de prendre le contrôle du département de Putumayo a été dénoncé. Quelques jours plus tard, le major Mejía, membre de la XIVe Brigade, a proposé de prendre des mesures face au problème de la violence, car, selon lui, ce qui arriverait serait pire encore que ce qu'affirmaient les rumeurs.
        • En janvier 1998, la dénonciation de la présence des paramilitaires dans le département et du fait que les organismes de sécurité le savaient a été communiquée aux conseillers de paix Daniel García-Peña et José Noé Ríos, au Bureau des Nations Unies en Colombia et aux organisations non gouvernementales.
        • En février 1998, le maire de Puerto Asis, Nestor Hernández, a dénoncé publiquement qu'en moins de 15 jours, plus de 35 personnes avaient été assassinées sélectivement. Les officiers haut-gradés, et à leur tête leministre lui-même ont accordé peu d'importance à la dénunciation, mais les assassinats, les déplacements, les menaces et les tentatives d'intimidation ont continué. Malgré la gravité des accusations, les dénonciations des habitants de Putumayo qui se trouvent à Bogotá sont resté sans réponse.

        C'est pour cela que, même si certains affirment que la mobilisation des paysans et leur occupation de la «Defensoría del Pueblo» de Bogotá pourrait causer un problème sanitaire, ils ne veulent pas quitter l'endroit jusqu'à atteindre leur objetif, l'erradication du paramilitarisme et la paix pour le Putumayo.

        DÉPARTAMENT INTERNATIONAL DU
        PARTI COMMUNISTE COLOMBIEN


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